Mercredi 18 juin 2008
Depuis le début de la semaine je suis en Turquie pour un voyage dans le temps
En attendant mon retour et le partage de Bursa, Iznik, Istambul, le Bosphore....  une autre de mes passions partagé avec La Nef Des Fous : Invitation au voyage de Baudelaire



C’est dans la section "spleen et idéal" des "Fleurs du Mal" que se situe le poème Bohémiens en voyage.

Le sujet de ce sonnet semble simple :
Un observateur décrit le passage de bohémiens.

Au 19ème siècle, ils sont mal considérés par la société bourgeoise. Le voyage est un des thèmes chers de Baudelaire, il se sent proche des bohémiens. Précurseur du symbolisme, ce poème est un exemple du talent de Baudelaire dans ce mouvement.

Mon poème favori : Invitation au voyage

Mon enfant, ma soeur,
Songe à la douceur,
D'aller là-bas, vivre ensemble!
Aimer à loisir,
Aimer et mourir,
Au pays qui te ressemble!
Les soleils mouillés,
De ces ciels brouillés,
Pour mon esprit ont les charmes,
Si mystérieux,
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre;
Les plus rares fleurs
Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l'ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
A l'âme en secret
Sa douce langue natale.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe,calme et volupté.

Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l'humeur est vagabonde;
C'est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu'ils viennent du bout du monde.
Les soleils couchants
Revêtent les champs
Les canaux, la ville entière
D'hyacinthe et d'or;
Le monde s'endort
Dans une chaude lumière

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe,calme et volupté.

 

Charles Baudelaire

 

par Vespcondove publié dans : libri communauté : Littérature et voyages
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Dimanche 24 février 2008

Samedi 15h, sortant du parking place Edourd VII dans le IX arrondissement, nous tombons devant l’affiche « Mon père avait raison » avec Claude Brasseur un des chef d’œuvre de Sacha guitry.
 Le ciel bleu au dessus de la capitale et les parisiens loin de Paris sur les pistes de ski, nous incite à nous promener au lieu de nous enfermer au théâtre.
Longeant la rue Boudreau, nous sommes attirés par une  façades de style art Moderne : le Théatre Athénée.
Oh regarde à l’affiche : Voyage en Sicile.
A 20h nous irons au théâtre.
 
Le théâtre Athénée compte parmi les plus belles salles à l’Italienne à Paris. Ce théâtre fut dirigé par une figure emblématique de la France, Louis Jouvet des années folles à l’après guerre.
Dans ce théâtre public exceptionnel sont récités des grands textes du répertoire lyrique.
 
Voyage en Sicile, ce sont 2 pièces en 1 acte du grand écrivain Italien Luigi Pirandello : l’homme à la fleur dans la bouche et Cédrats de Sicile.
La première pièce est difficile à comprendre, la deuxième est pleine de joie et de tristesse.
 
Le cédrat est un agrume proche du citron. Trop amer, il est rarement utilisé frais mais surtout pour la pâtisserie et la liqueur.
A travers les parfums du cédrat, Luigi Pirandello éveille nos sens et diffuse les parfums de la sicile.
A travers les contrariétés des voyages en train, nous écoutons le destin d’une apprentie cantatrice et de son jeune bienfaiteur qui ne faisaient qu’un dans le village natal, au pays des Cédrat. Les années passent, la  retrouvaille est impossible dans la grande ville où la diva est désormais établie.
Rire, pleur, j’ai  aimé.
 
  CIMG3015.JPG

CIMG3021.JPG

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( photo de la pièce Cédrats de sicile de Philippe Delacroix)
par Vespcondove publié dans : libri communauté : Littérature et voyages
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Jeudi 24 janvier 2008
Cette semaine s’ouvre le 35e festival d’Angoulème de la BD.
 
On découvrira un jour que la seule chose que les Français ont inventées en littérature au XXe siècle est la bande dessinée. Ce n’est pas le signe d’une décadence culturelle mais au contraire l’orgueil d’un renouveau occidental contre l’Amérique.
 
J’apprécie la bande dessinée comme un moyen d’expression à part entière. Passionné, j’utilise les personnages de BD pour symboliser les organisations que je créés ou que je remodèle à travers le monde. La BD est le meilleur instrument en sociologie pour symboliser un groupe de travail, pour identifier les traits de caractère de ces collaborateurs, pour négocier avec son fournisseur ou sa hiérarchie, changer la mentalité d’une entreprise.
 
Décideur, je suis de la génération des managers nourris  à la BD. Je ne me cache pas pour lire ce qui jadis était considéré comme une sous-littérature. Je lis et relie les grands classiques de mon enfance, je  m’émerveille, je ris, je tombe dans des émotions de joie et de tristesse
 
Moyen d’évasion, la BD me fait voyager. Tintin et le secret de la Licorne, au Tibet, au congo, en Amérique…. Mon esprit Zingaro, voyageur insolite est forgé par ces récits de Tintin à travers le monde. Plus la BD me fait voyager loin, mieux c’est.
 
J’aime :
- Lucky luke, le refrain magique   I’m a poor lonesome cow boy et Rantanplan le chien et son infaillible instinct.
- Iznogoud, le méchant qui veut se faire calife ;
- Bécassine, une jeune fille limousine
- Les pieds nickelés, un langage et des jeux de mot.
- Tintin le belge qui apporte une série d’expressions célèbres allant du capitaine Haddock « bachi bouzouk » et « tonnerre de brest » à la scie des Dupont « Je dirais même plus »
- Astérix en même temps que le général de gaulle, « ils sont fous ces Romains » est entré dans le vocabulaire de l’homme et sans oublier « il est tombé dedans quand il était petit ».
- Alix, ce jeune Gallo romain à la recherche de trésor et d’amitié créé par Jacques Martin
- Bob morane immortalisé par les paroles du groupe Indochine « Bob morane countre tous chacals, l’aventurier contre tous guerriers »
- Corto Maltèse dans la brume de Venise, le mystère des voyages et de l’inconue
- Léonard le génie, qui me donne plein de nouvelle idée.
et sans oublier Blake et Mortimer, Spirou, Boule et Bill, les Schtroumpfs, Garfield, les tuniques bleu et j’en oublie…
 
Et vous ?

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par Vespcondove publié dans : libri communauté : Expatrie(e)s
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Vendredi 18 janvier 2008
Un vrai plaisir, pour moi, est de lire l'écrivain Turc Orhan Pamuk en Italien. Le turc et l'Italien, j'aime ces 2 pays où j'ai vécu plus de 10 ans,  ces 2 langues que je pratique.

Orhan Pamuk prix nobel de litterature est remarquable par son courage, son obstination à faire admettre à ses compatriote ce passé refusé par sa communauté.

"la valise de mon papa" est sa conférence le 7 décembre 2006 à Stockolm pour la remise de son prix. 

Le texte commence par : Due anni prima di morire mio padre mi affido una valigetta piena di suoi scritti, manoscritti e taccuini. Con la sua solita espressione ironica e scherzosa mi chiese di leggerli dopo che se n'era andato; e intendeva dire dopo la sua morte
qui peut etre traduit par : Deux ans avant sa mort, mon père m'a remis une petite valise remplie de ses propres écrits, ses manuscrits et ses cahiers. En prenant son habituel air sarcastique il m'a dit qu'il voulait que je le lise après lui, c'est à dire après sa mort.

En turquie j'ai découvert cet auteur dans une librairie à Istambul. J'ai avalé durant mes 3 ans en Turquie : La maison du Silence, Le livre noir et le Chateau blanc.
Je l'ai retrouvé il y a 2 ans avec Neige et le remarquable livre : Istambul souvenir d'une ville.
http://vespcondove.over-blog.com/article-12073133.html


Un extrait du discourt pour vous donner l'eau à la bouche....

Chi scrive parla di cose che tutti conoscono ma che non sanno ancora di conoscere. 
Cosi, scrittori e lettori, usando la fantasia, avvertonno quanto tutti gli uomini hanno in comune. La grande letteratura non parla delle nostre capacità di giudizio, ma della nostra abilità di metterci nei panni di un altro
par Vespcondove publié dans : libri communauté : Littérature et voyages
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Vendredi 19 octobre 2007
En 2005, j’ai commencé mon premier journal sur mon Moleskine par
 
« Imagine t’on Voltaire envoyant un texto à Frédéric II ? »
 
Pascal envoyant un texto à un ami pour lui dire qu’il n’a pas eu le temps de faire plus long. Condamnée la débauche de majuscule de Corneille et de Racine ; gommées les pattes de mouche de la marquise de Sévigné ; invisible les surcharges de Renard sur son journal.
Le bilan est lourd : appauvrissement du patrimoine, dessèchement de l’exégèse, déshumanisation de la littérature.
Je plains les générations futures qui ne pourront plus collectionner les autographes extra familiaux.
 
Ce carnet ne m’a jamais quitté.
 J’ai gribouillé aujourd’hui la dernière page de mon Moleskine, la 211ème et une page de ma vie s’est refermée.
 

Ce soir retour dans les Alpes Italienne.  
Est ce que la neige est tombée ?
Vous serez tout dans le prochain article.

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par Vespcondove publié dans : libri communauté : Littérature et voyages
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Dimanche 30 septembre 2007
Voyageur que je suis,....,  je suis les pas d'Ulysse et de St Exupéry.
Pour apprendre une langue et communier avec une culture, je n'achète pas un dictionnaire mais un livre traduit dans toutes les langues : Le petit prince.

Ue voyageur rencontre toujours l'aiguilleur comme le petit prince. Si cet aiguilleur est dans le piemont alors tu te dois de parler en piemont : 

- Bondi - a l'ha dit el cit prinsi.
- Bondi - a l'ha dit l'aguceur.
- Lon ch'it fas ambelessi ? - a l'ha dit el cit prinsi.
- mi i smisto ij viagiotor, mila per volta - a l'ha dit l'aguceur.
I mando ij treno ch'a-j porto, minca tan a la drita, minca tan a la snistra -.
E'n rapid anlumina, arbombant com ël tron, a l'ha fait tramblé la gabin-a djë scambi.
- Lor-li a l'han tanta pressa - a l'ha dit ël cit prinsi - Lon ch'a seco?
- A lo sà gnanca 'l machinista - a l'ha dije l'aguceur.
Enë scond ràpid anluminà a l'ha dije l'aguceur.
- A torno già andré ? - a l'ha ciamà 'l cit prinsi.
- A son pa j'istess - a l'ha dit l'aguceur - a l'è 'n cambi
- A j'ero pa content là, andova ch'a j'ero?
- A-i è mai gnun ch'a sia content andova ch'a l'é - a l'ha dit l'aguceur.
E a l'é arbgombaje 'I tron d'un ters ràpid anluminà).
- A-j coro dapress ai primi viagiator? - a l'ha ciamà 'l cit prinsi.
- A-j coro dapress a'n bel gnente - a l'ha dit l'aguceur - Là 'ndrinta a deurmo, o desno a bajo. Mach le masna a son con ël nas ësgnacà contra ij véder - 
- Mach le masnà a san lon ch'a seco - a l'ha dit ël cit prinsi. Lor a perdo 'd temp dré 'd na buvata dë strass, ch'a ven a esse importanta e, s'a-j la porto via, a pioro...
- Lon, si ch'a l'è 'n gran boneur - a l'ha dit l'aguceur.

Pour la traduction dans la langue de Molière : 
http://vespcondove.over-blog.com/article-12722316.html

Per la traduzione nella lingua di Dante :
http://vespcondove.over-blog.com/article-12722454.html

Le mois prochain, pour les voyageurs à destination de la Pologne, le petit prince en Polonais.
et en décembre en Napolitain pour se préparer aux achats de Noel. 


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Mardi 11 septembre 2007

Comme les deux premiers opus de cette « saga » d’Erik Orsenna, j’ai adoré et dévoré La Révolte des accents
Orsenna, une fois de plus fait montre d’une parfaite maîtrise de la langue française, il en joue avec délectation et me l’a fait redécouvrir à chaque fois. Il nous livre une fable à la fois enchanteresse et instructive. 

L’action du livre peut paraître simple, voire simpliste. Mais il me semble qu’il a trouvé le ton juste et le bon moyen pour faire aimer la langue française et nous en faire redécouvrir la grammaire et toutes ses subtilités de façon ludique.  

J'ai particulièrement aimé l'emploi de phrases où tous les accents ont été enlevés et qui montrent bien l'importance qu'ils peuvent avoir dans notre langue. 

Malgré tout : je reste fâché avec les accents 

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Extrait que j'ai aimé :
 "Depuis quelque temps, les accents grognaient. Ils se sentaient mal aimes, dedaignes, meprises. A l'ecole, les enfants ne les utilisaient presque plus. Les professeurs ne comptaient plus de fautes quand, dans les copies, ils etaient oublies. Chaque fois que j' en croisais un dans la rue, un aigu, un grave, un circonflexe, il me menaçait...."

maintenant lisez ce texte sans dire les accents   .... et vous comprendrez l'importance des accents.
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Mercredi 25 juillet 2007
Evocation d une ville, roman de formation et réflexion sur la mélancolie, Istanbul est tout cela à la fois.

Au fil des pages, Orhan Pamuk se remémore ses promenades d'enfant, à pied; en voiture ou en bateau et nous entraîne à travers ruelles en pente et jardins, sur les rives du Bosphore; devant des vills décrépies, dessinant ainsi le portrait fascinant d'une métropole en déclin. Ancienne capitale d une vaste empire, Istanbul se cherche une identité entre tradition et modernité; religion et laïcité et les changements qui altère son visage. 

Magistralement composée et richement illustrée nous remontons le temps d une éducation sentimentale.

ISTANBUL SOUVENIRS D UNE VILLE  ORHAN PAMUK

 
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Vendredi 6 juillet 2007
"Buon giorno", disse il piccolo principe.
"Buon giorno", disse il controllore.
"Che cosa fai qui?" domando' il piccolo principe.
"Smisto i viaggiatori a mazzi di mille", disse il controllore. "Spedisco i treni che li trasportano , a volte a destra, a volte a sinistra".
E un rapido illuminato, rombando come il tuono, fece tremare la cabina del controllore.
"Hanno tutti fretta", disse il piccolo principe.
"Che cosa cercano"
"Lo stesso macchinista lo ignora", disse il controllore.
Un secondo rapido illuminato sfreccio' nel senso opposto.
"Ritornano di gia'?" domando' il piccolo principe.
"Non sono gli stessi", disse il controllore. "E' uno scambio".
"Non erano contenti la' dove stavano?"
"Non si e' mai contenti dove si sta", disse il controllore.
E gli rombo' il tuono di un terzo rapido illuminato.
"Inseguono i primi viaggiatori?" domando' il piccolo principe.
"Non inseguono nulla", disse il controllore.
"Dormono la' dentro, o sbadigliano tutt'al piu'. Solamente i bambini schiacciano il naso contro i vetri. Quelli si, che sono fortunati", disse il controllore.

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Jeudi 5 juillet 2007
Bonjour, dit le petit prince. 
- Bonjour, dit l'aiguilleur. 
- Que fais-tu ici ? dit le petit prince. 
- Je trie les voyageurs, par paquets de mille, dit l'aiguilleur. J'expédie les trains qui les emportent, tantôt vers la droite, tantôt vers la gauche.

Et un rapide illuminé, grondant comme le tonnerre, fit trembler la cabine d'aiguillage. 
- Ils sont bien pressés, dit le petit prince. Que cherchent-ils ? 
- L'homme de la locomotive l'ignore lui-même, dit l'aiguilleur. 

Et gronda, en sens inverse, un second rapide illuminé. 
- Ils reviennent déjà ? demanda le petit prince... 
- Ce ne sont pas les mêmes, dit l'aiguilleur. C'est un échange. 
- Ils n'étaient pas contents, là où ils étaient ? 
- On n'est jamais content là où l'on est, dit l'aiguilleur. 

Et gronda le tonnerre d'un troisième rapide illuminé. 
- Ils poursuivent les premiers voyageurs ? demanda le petit prince. 
- Ils ne poursuivent rien du tout, dit l'aiguilleur. Ils dorment là-dedans, ou bien ils bâillent. Les enfants seuls écrasent leur nez contre les vitres. 
- Les enfants seuls savent ce qu'ils cherchent, fit le petit prince. Ils perdent du temps pour une poupée de chiffons, et elle devient très importante, et si on la leur enlève, ils pleurent... 
- Ils ont de la chance, dit l'aiguilleur. 
picollo-principe-copie-1.jpg

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